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Hell on wheels

Show athlétique ou sport à spectacle, le Roller Derby revient violemment sur le devant de la piste à grand renfort de coup de coudes, de tatouages et de brassières.

Le Literary Digest affirmait en 1935 que 93% des américains avaient fait ou feraient du roller une fois dans leur vie. S'il existe à l'époque quelques compétitions d'endurance héritées des Dance marathons, aucun sport à proprement parlé ne représente cette passion mordante pour les chaussures à roues. Leo Seltzer, promoteur sportif imaginatif et rusé, dévoile au public le 13 août 1935 au Coliseum de Chicago le Transcontinental Roller Derby.

Course mixte sur une piste indoor, le genre plait. Seltzer note que le public a  particulièrement tendance à hurler son plaisir lors des bousculades et des autres faceplants de participants. Il décide donc en 1938 de structurer la course en un véritable jeu sportif, et instaure plusieurs règles qui vont favoriser les contacts.

La nouvelle version du Roller Derby devient en quelques années une licence extrêmement populaire, diffusée 3 fois par semaine à la TV dès 1948, et comptant quelques 40 000 participants. Son développement profite des 50's :  on découvre les serveuses en roller, le culte de la vitesse, et l'american way of life envahit le monde. En 1953, les stars du Roller Derby partent pour un tour des capitales européennes (Paris, Madrid, Barcelona & London), et essaiment dans son sillon un lot de franchises (Australie, Hawaï). Le sport inspire jusqu'aux cinéastes : en 1975 le film culte de Norman Jewison Rollerball en reprend les bases.
Puis la belle mécanique se grippe. La mode du patin passe, des organisations rivales se créent, et le modèle dépositaire du Roller Derby s'arrête lorsque Jerry Seltzer vend l'affaire familiale.

Faster, Pussycat! Kill! Kill!


L'affaire pourrait être définitivement archivée, si depuis quelques années le Roller derby ne renaissait de ses cendres avec de nouveaux atours plus... affriolants. Le revival californien 90's du roller aidant, le roller derby est revenu métamorphosé, presque tout féminin, nourri aux influences DIY, riot grrrls et pyschobilly.

Si les teams sont donc désormais quasi exclusivement féminines, le principe reste le même : deux équipes de 5 joueuses s'affrontent sur une piste circulaire. Dans chacune un lot de 4 défenseurs et un attaquant. Les défenseurs des deux équipes doivent former un pack sur une distance définie et y rester, le but des attaquants étant de le traverser pour marquer un point. Évidemment, tout est bon pour envoyer valser l'effrontée.

A voir les vidéos de bras démis lors d'une chute ou de placages à la Chabal, on pourrait croire que le jeu est plutôt réservé aux hommes. Hors s'il y en a énormément lors des multiples rencontres, ils sont dans les tribunes.

Sorte d'arènes pour Amazones, le jeu s'affiche comme une marque d'insoumission, de défi de suffragette punk aux modèles US de la desperate housewive et de la virilité huilée et gros bras du catch ou du Superbowl masculin.

Tatouages, esthétique vestimentaire rockab', attitude riot girls, blazes décalés, les Roller Derby girls sont à mi chemin entre rockstars et actrices d'altporn
Nouvel « athletainment » le genre explose : les filles s'éclatent, au propre comme au figuré, et les garçons adorent ces catfights en résille déchirée.

Et comme à la belle époque, un film va bientôt sortir pour glorifier ces nouvelles femmes libres sur roulettes.


© Photos Katie Kallan

08.12.09


/ Katie Callan


/Whip It, réalisé par Drew Barrymore avec Juliette Lewis

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