Autobio presque fictive ou presque réelle, précis d'art martial assassin, blog BD en papier, comme souvent lorsque Frantico et / ou Trondheim s'emmêle, les pistes sont brouillées.
Tiré du blog homonyme, MKM ou Mega Krav Maga est le premier tome (d'une série de deux) d'une BD saugrenue où deux auteurs (Mathieu Sapin et Frantico) se partagent les cases pour narrer leurs très édifiantes aventures au Blogadores Festival de Lisbonne.
D'abord très classique pour les auteurs, la mise en abyme habituelle de deux auteurs de BD bloggant leur quotidien d'invités à un festival plonge doucement et très adroitement dans une série de tribulations en cascades, loufoques mais jamais totalement incroyables.
L'écriture à plusieurs mains est parfaitement fluide, et on passe d'un auteur à l'autre aisément, riant beaucoup des grossièretés hallucinantes de Frantico.
Collant au trait des auteurs, la facture est volontairement cheap : noir et blanc peu tramé et papier épais pour un format manga pour autant fort agréable.
Issu de la collection Shampooing dirigée par Lewis Trondheim, MKM prolonge la bonne expérience de l'éditeur Delcourt avec l'oeuvre collective puisque sort également ce mois ci La maison close. Après avoir fait fureur dans les travées du Festival d'Angoulême et en blog, la BD initiée par Ruppert, Mulot et Trondheim réunit une trentaine d'auteurs, jouant soit les prostituées (Anouk Ricard, Lisa Mandel, Aude Picault, Nadja, Lucie Durbiano ou Charles Berberian !), soit les clients (Killoffer, Boulet, François Ayroles, Emile Bravo).