Des chansons comme des cartes postales, un arc en ciel d'influences consistantes et plein de chapeaux pour un jeune huluberlu qui donne envie - au choix - de clapper des mains ou de les donner à son voisin pour engager une farandole d'amour.
De sa famille, Jil Bensenior apprend le goût de l'ouverture, de la musique et des voyages. Juifs algériens arrivés en France au début des 60's, papa et tonton sont guitaristes jazz manouche, pépé joue de l'accordéon. Jil suivra donc les pas de ses aïeux et notamment ceux de son grand frère Bensé, qu'il accompagne tout jeune à la basse lors de ses premiers concerts dans les bars.
Suivant sa propre étoile, il foule au fil de ses pérégrinations les sols de villes qui le marquent : Sidi Bel Abbès, Paris, Prague, Berlin ou New York.
Un cosmopolitisme qui fait en partie la richesse de son mélange musical : cuivres de fanfare des Balkans, accordéon, violons tsiganes, guitare folk, surf ou putain de rock (le très bon et très psyché Hovering machine), batterie swing, harmonica du grand Ouest...
Une vraie folk (ou anti folk, comme on voudra) classe et cool, drôlement bien branlée, sans tristesse. Ou alors celle - douce et indicible - des voyageurs, la saudade.
Sans avoir une voix puissante, il n'a pas non plus l'entrefilet voulu langoureux de ceux qui ne savent rien faire. Il a une vraie voix, qui ne ressemble qu'à elle-même, un peu de traviole mais qui colle tellement à sa musique qu'elle confine à faire de lui le messie simple et charismatique d'une espèce de ronde crossover.
Son album en est d'ailleurs l'icône : 13 titres hétéroclites et pourtant surnaturellement liés, 1 super hindou, 1 super chrétien, 1 super musulman et 1 super juif comme artwork. Un peu comme si tout à coup le concept de world music avait vraiment un sens.
Pour les chanceux qui auraient échappé aux assauts TV du grand capital :